samedi 2 octobre 2010

Boîte à souvenirs


Ces témoignages complètent certains publiés dans le livre. D'autres sont totalement inédits et sont le fruit de contacts établis avec ce Blog . Nous pouvons continuer d'en publier....

Ce premier témoignage retranscrit librement des souvenirs dont Mme Paulette Rouellé se souvient à propos de sa mère, Marie Cocheril.

1907- 1916. Marie Cocheril
J’ai passé mon certificat d’études à 12 ans en 1913. De 1913 à 1916, j’ai préparé mon Brevet Élémentaire avec Mlle Leclec’h. Cette institutrice gardait ses meilleures élèves et les préparait au Brevet Élémentaire. Malheureusement Mlle Leclec’h a été obligée de prendre un long congé en 1916 et sa jeune remplaçante n’a pas pu continuer la préparation au Brevet. De plus à cette date, je suis restée orpheline. J’ai été obligée d’abandonner l’école (si prêt du but !!!) et d’aller travailler. A cette époque avec le Brevet Élémentaire, j’aurais été institutrice. Je suis devenue employée dans une chapellerie, je me suis mariée et c’est ainsi que je suis devenue Madame Rouellé ».

1928-1929 (maternelle) et 1929-1935 (primaire). Paulette Rouellé
Mon meilleur souvenir c’est dans la classe de Mlle Frélicot en CM et surtout en Cours Supérieur. Notre institutrice a mis en place une bibliothèque dans la classe. C’était une révolution ! Je prenais trois livres par semaine, trois livres que je dévorais avec plaisir à la maison. Mais ma mère a voulu arrêter tout ça car je ne faisais rien d’autre…
Je me souviens aussi qu’en maternelle, on faisait une belle fête de Noël mais en primaire c’était fini. Ma mère, qui avait été élève 20 ans avant, m’avait raconté qu’elle jouait le jeudi dans la cave de l’école car elle était copine avec la fille d’une institutrice. On rentrait dans la cave par une trappe à l’extérieur du bâtiment, du côté de la rue de la Garaye. C’est là qu’on entassait le bois de la réserve.
Mon pire souvenir c’est l’éducation physique, je n’ai jamais aimé ça ! Je crois qu’il y avait une personne (M. Jézecquel ?) qui faisait l’éducation physique dans toutes les écoles de Dinan.

1935 à 1941 Marie Closier.
Mes instituteurs et institutrices s’appelaient Mme Lefebvre, Mme Boulanger, Mme Huet, Mme Frélicot. Le jour de l’inscription à l’école, Mme Lefèvre m’avait prise sur les genoux pour me faire lire avec la méthode Boscher. Je savais tout car là où j’étais avant les plus petits étaient mélangés avec ceux du CP ;
Mon meilleur souvenir c’est le jour du Certificat d’études à l’école Honoré Le Du. Je n’étais pas très grande et on m’a dit , croyant que j’étais très jeune « tu reviendras ce soir chercher ton grand frère ou ta grande sœur »
Mon pire souvenir c’est en avril 1941, parce que, distraite au moment d’un exercice de grammaire, Mlle Frélicot me mit dans la 2ème Division et me menaçait de ne pas me présenter au certif (certificat d’étude), alors que j’étais une très bonne élève. Souvenir atroce, mais non exécuté, dieu merci !
Ce qui me plaisait à l’école : les récréations, les copines, les jeux dans le petit jardin après la cantine . Ce jardin se trouvait en dessous du banc de la petite critique et on jouait en particulier dans un arbre formidable qui avait des branches basses.
Ce qui ne me plaisait pas c’était d’avoir trop de travail pendant les vacances (par exemple100 problèmes à chaque période de vacances!)
Le midi à la cantine ce que je préférais c’était la morue le vendredi.
Mes jeux préférés dans la cour étaient : la corde à sauter, la marelle, Mère veux-tu ?… et ce qui m’amusait était de voir les 4 maîtresses qui marchaient ensemble et se retournaient d’un seul geste.
Je me souviens que les troupes allemandes étaient à Dinan depuis le 17 juin 1941 mais nous étions partis de Dinan car tout le monde avait peur Alors, en septembre 1941 après l’école de la Garaye, je suis entrée en 6ème à Broussais. Mais hélas ce fut une année fichue car l’armée allemande occupait le collège Roger Vercel (le collège de garçons)et les garçons venaient à Broussais tous les matins. Les filles n’avaient cours que l’après midi mais sont on allait se promener sur les petits fossés car les heures de cours étaient quasi inexistantes, Ayant perdu
cette année, mes parents me mirent à Notre Dame de la Victoire, je voulais être institutrice. Si par la suite et les circonstances de la vie, j’ai enseigné dans les écoles et collèges catholiques, j’ai toujours prôné les qualités et les valeurs des « deux écoles ». Oui, j’ai eu une profonde et reconnaissante « estime » pour les deux formes d’études et mes enseignants. J’ai beaucoup œuvré à l’union des écoles et des enseignants et au respect entre les écoles privées et publiques.
J’ai beaucoup d’estime pour Mme Frélicot qui avait un respect de la liberté religieuse (elle ne disait jamais rien quand on devait s’absenter pour le catéchisme ou la retraite de communion). Quand les filles de l’école privée (qui se trouvait à l’emplacement de la salle Beaumanoir) nous jetaient des cailloux, elle nous disait toujours de ne pas répliquer. Elle avait une morale très juste, une ouverture au monde et de la bonté envers tous.
J’ai un excellent souvenir de l’école de la Garaye.

1943 à 1950 Monique Guégan.
Mes instituteurs et institutrices s’appelaient Mesdames Sillard, Nottelet, Chollet, Letroyer.
Mes copains et mes copines étaient Odette Lebonniec, Marie Thérèse Allix ; Yvette Doucet, Françoise Bézie, Hélène Hervo…
Mon meilleur souvenir c’était d’avoir la croix épinglée au revers du manteau les trois quarts du temps
Mon pire souvenir ce sont les batailles de boules de neige à la sortie de l’école avec les garçons des autres écoles qui nous attendaient dans le « pas de Mail »
Ce qui me plaisait à l’école c’était l’apprentissage de la lecture, du calcul et les dictées.
Ce qui ne me plaisait pas : les récréations, la corvée mensuelle pour l’entretien, le nettoyage et la préparation du poêle à bois pour le chauffage avant l’entrée de l’école le matin.
Mon jeu préféré dans la cour était la balle et la marelle.



1946. Jeanne Chesné
Les parents de Jeanne Chesné se sont mariés à Dinan en 1938 et ont ensuite déménagé à Brest. C’est là qu’est née Jeanne, le 12 juin 1940. Mais à cause de la guerre, ses parents reviennent dès 19141 dans la cité médiévale. La famille résidait au 47 de la rue de St Malo. Cette rue, c’est celle de « la commune libre » avec un maire, une fête, un feu de la St Jean. Les filles du quartier vont en majorité à l’école de la rue de La Garaye, l’école communale des fille : « Je suis allée certainement à l’école maternelle mais je n’ai pas de souvenirs, par contre de l’école primaire beaucoup.
C’était un bâtiment de deux étages : au rez-de-chaussée deux portes hautes, vitrées à mi-hauteur […] Il y avait un escalier en colimaçon pour accéder au premier étage.[…] Dans chaque classe il y avait deux sections, on disait « petite division » et « grande division ».
Ma première institutrice se nommait Mme Sillard ; elle était gentille et douce et avec elle j’ai appris à lire et à écrire.
La maîtresse de la classe n°2 c’était. Mme Notelet, un vrai gendarme, au regard dur, habillée d’une blouse de satinette noire.
Le lundi matin elle vérifiait la propreté, les mains sur la table. On se tenait droites. Elle inspectait tout le monde, dessus et paumes. Et quand les ongles n’étaient pas nets, elle disait « Alors tu es en deuil de ton petit chat ? ». Après on enlevait les chaussettes pour voir si nos pieds étaient propres et puis on devait avoir un mouchoir. Si on n’avait pas de place dans la poche, on devait l’accrocher avec une épingle de sûreté. On nous faisait la morale…
Les salles de classe avaient estrade, tableau noir, bureau de la maîtresse. Nous avions des bureaux attenants et sur le dessus une légère pente  avec une rainure pour mettre craies, porte-plume et deux trous, un à gauche et un à droite pour y mettre un encrier. Les encriers étaient des réservoirs en faïence blanche que l’on enfonçait dans des trous et pour que ce soit joli, nous cousions un motif au point de croix sur des napperons en feutrine épaisse. On faisait un trou au milieu du napperon, on enfonçait l’encrier garni dans le trou du bureau.
On écrivait au porte-plume en faisant des pleins et des déliés. Bien souvent l’encrier contenait de la craie  et des morceaux de buvard (roses) ; ça faisait des pâtés !
La classe était chauffée par un poêle à charbon posé sur une tôle pour éviter de mettre le feu au plancher. Autour du poêle, le pare-feu grillagé nous rassurait. Chaque semaine une élève allumait le poêle et disposait les cahiers : c’était « le service ».
Lorsqu’on avait le cahier sale, on l’accrochait dans le dos et on faisait le tour de la cour.
La cour d’école n’était pas grande : 4 tilleuls y trônaient et le long du mur, c’était le préau avec au mur des robinets alignés qui coulaient dans un grand récipient en zinc.
On jouait à la balle, à la marelle, au mouchoir…
Un jour maman se disputa avec Mme Notelet  pour une absence injustifiée. Ma mère me retira de l’école et je pris le chemin du collège des filles.
J’ai quitté avec regret mon école et aussi ma maîtresse, qui bien que sévère était très juste et m’aimait beaucoup. Je l’ai revue lorsque j’avais 17 ans ; elle me complimenta en public, me dit que j’aurais pu être moi aussi institutrice et ce jour là, j’ai pleuré… »
Jeanne Chesné de retour à La Garaye en décembre 2012




1952 à 1957. Nicole Renault.
Mes instituteurs et institutrices s’appelaient Mesdames Silar, Notelet, Cholet, Simon, Lecorguillé. Ce qui ne me plaisait pas c’est que certaines maîtresses étaient très sévères. Je me souviens que nous avions une blouse rose une semaine et une bleue la suivante.

1953-1954 Chantal Rabilloud Fontaine

Chantal se souvient surtout de Mme Notelet dont elle ne garde pas un très bon souvenir, ça arrive !
« Elle habitait vers le stade et à chaque fois que je retourne à Dinan la vue de sa maison m'assombrit le plaisir d'y revenir.... vous voyez à quel point elle m’ a traumatisée....(.mais n'exagérons rien : j'aime Dinan, où je découvre toujours autre chose ). J'ai d’ ailleurs tout à fait par hasard rencontré sa fille sur une vide grenier en région Parisienne; elle vendait un tableau de St Malo que je lui avais acheté et nous avions discuté de la Bretagne ; elle m'a dit qu'elle était de Dinan et m'a dit son nom; Notelet , ce qui bien sur a fait tilt […].
Il faudrait que je retrouve cette photo de classe au milieu des tas de photos que j'ai à classer et je serais heureuse de retrouver les noms ; je me souviens de Florence Surel , de Jacqueline Thibaut mais n'ai pas beaucoup de souvenirs des autres noms à mettre sur ces visages connus. Je suis repassée cette année près de l'école de la Garaye et elle s est bien modernisée… à mon époque, elle n'était pas ouverte sur l'extérieur, mais entourée de murs de pierres...pour y aller j'empruntais un charmant itinéraire qui était Les Grands Fossés ; je n'avais qu'à traverser cette promenade pour être à la maison ,j'habitais alors rue de l'Ecole près de la porte St Malo.

1956 Hervé Audroin
Je n'ai fréquenté la Garaye qu'en maternelle (a partir de 1956 je crois) comme mon frère ainé et je me souviens de Mme Lemonnier et ses belles blouses roses ou bleues (je la trouvais très belle et toujours bien coiffée).
     Mme Coignard ,était l'épouse sans doute de M. Coignard instituteur redouté des petits dinannais avec sa traction noire et son moignon en fer sur lequel il vissait des ustensiles barbares à l'époque .Mon frère ainé était réputé pour son béret qu'il avait sur la tête en permanance ce qui exaspérait Mme Coignard .Plein de noms d'institutrices comme d'enfants remontent à la surface car je suis dinannais avant tout .

1959 – 1962. Dominique Boissière.

Je suis née en novembre 1953 et je n’avais donc pas encore tout à fait 6 ans quand mon père m’a conduite en septembre 1959 à l’école Maternelle. Il me semble que c’était un bâtiment préfabriqué assorti d’une grande cour et Mme Le Couls en était directrice.
A l’époque, on entrait au CP, à 6 ans révolus et non dans l’année comme aujourd’hui. Mais voilà, quand la maîtresse enseignait les voyelles aux autres élèves, je lui lisais toutes les consonnes, quand elle enseignait les premiers nombres, je comptais les centaines et quand enfin, lors d’un exercice de reconnaissance de petits mots comme « le » « la » « les », je lui ai lu quasi couramment tout le poème qu’elle avait écrit au tableau, elle a décidé de m’envoyer « me faire voir » au CP ! J’imagine que je devais lui « pourrir » la vie et sa classe … !
Surtout ne croyez pas que j’étais surdouée comme on le dirait aujourd’hui. Non, j’étais seulement fille d’enseignants avec de nombreux frères et sœurs …Lire et compter tenait simplement de l’imprégnation et de l’ambiance…
Me voici donc contrainte de gagner l’école primaire avec 3 ou 4 semaines de décalage par rapport aux autres. Et j’ai tout de suite détesté ma nouvelle classe ! Il fallait descendre 5 ou 6 marches pour pénétrer dans une pièce semi-enterrée et mal éclairée par des demi-fenêtres. Quant à ma maîtresse, Mme Rouillé, elle ne me plaisait pas non plus. Je me souviens vaguement de mes doigts constamment tachés d’encre …..Je crois que je renversais mon encrier et que je faisais des pâtés sur mes cahiers… La maîtresse me disputait à cause de mes cahiers « torchons » et pire, me retirait des points à cause de ma mauvaise écriture…. Je crois que ces lignes de lettres majuscules et minuscules m’ennuyaient, que le reste de l’enseignement devait me sembler bien fade, bref ! peu et de mauvais souvenirs de ce CP ! D’ailleurs, je suis incapable de nommer aucune des fillettes de ma classe, sauf peut-être Maryse ? Thuault ? , deuxième petite bouille ronde au dernier rang en partant de la gauche, car c’était la fille de nos voisins de la Cité St-Charles.
Nous allions déjeuner le midi à la cantine des Fossés, grande salle que surveillait mon père. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre, pas mal de brouhaha et l’occasion de nous détendre….
En septembre 1960, je suis passée au CE1 avec Mme Chollet. Tout a changé. Nous avions une grande classe haute et claire et je suis sure d’avoir adoré cette maîtresse, que j’ai d’ailleurs gardée au CE2.
Je suis devenue très bonne élève. Maman est décédée le 21 février 1961, au milieu de mon CE1. J’imagine que les maîtresses ont dû comme beaucoup de Dinannais être marquées par la mort de cette collègue de 39 ans, qui laissait 5 enfants de 16 à 7 ans et un mari (plutôt pas mal) éploré.
Mais je ne me souviens de rien. Quelquefois, des gamines me haranguaient dans la cour « C’est vrai qu’ta mère est morte ? » Je répondais avec tout le dédain dont j’étais capable « Oui et alors ? »
Alors pour faire monter la sauce, elles chantaient à tue-tête « Sa mère, elle est morte, sa mère elle est morte… » qu’une remarque adulte faisait tout de suite cesser !
Délicieuse cruauté enfantine ! Mais bon, je n’offrais pas de prise, je ne pleurais pas et j’investissais le plus possible mon travail scolaire.
En CE2, quand même, les maîtresses, dévorées de curiosité, m’ont passée un jour à la question. Qui était ma nouvelle maman, était elle gentille, quand aurait lieu le mariage, où irions nous habiter … ?
Je les ai renseignées, un point c’est tout.
Voilà pour l’histoire de ma scolarité et voici maintenant mes petits souvenirs concrets :
Je précise que malgré ma jeunesse, la cour me semblait très petite, ainsi que le préau. Nous avions le droit de jouer à la grande corde à sauter mais nous étions vite gênées par les autres qui circulaient…
Chaque matin (en 1960 ou 61 je pense…) nous faisions la queue pour recevoir notre petite bouteille de lait. Un quart en verre avec un opercule bleu vif. Et il fallait tout boire…. ! Parfois il était tiède et c’était bon, parfois, il était froid et je crois que les arbustes de la cour ont dû prospérer grâce aux fonds de nos petites bouteilles…..
Le soir, avant l’étude, on nous distribuait aussi des goûters : un morceau de pain de 2 livres avec une mini tablette de chocolat Poulain. J’adorais fourrer ma tablette au milieu du pain…
Vous voyez, on ne nous laissait pas dépérir, d’ailleurs, on a toutes des bonnes joues sur les photos….
Enfin, un jour (en CE2 je pense) on m’a envoyée porter un message à Mlle Le Corguillé. J’ai escaladé les marches de la tourelle comme on monte un donjon pour aller se jeter dans la gueule du dragon ! Une fois devant la porte, J’ai été surprise du calme et du silence, car je m’attendais à des cris, des ordres, des bruits de règle assénées et même peut-être des flammes….
Une voix m’a dit d’entrer et Melle Le Corguillé, enchignonnée m’a souri presque rêveusement, en me remerciant…
Je suis redescendue joyeusement et racontant mon exploit, disait ensuite à qui voulait l’entendre : « Mlle Le Corguillé n’est pas du tout méchante, elle m’a souri… »
Commentaire:
Ce témoignage de grande qualité n’a pas été sans me poser quelques questions. Faut-il tout publier même quand certains propos risquent de froisser ? Mon avis est qu'il est possible de publier en précisant que c’est un jugement personnel, il faut le remettre dans l'époque où il se situe et il ne doit pas être injurieux. Ensuite chacun relativise Nous avons échangé avec Dominique sur cette question et voici quelques extraits de ses réflexions pleines de sagesse: « J'ai relu mon passage sur le CP qui me semble être le plus délicat...Je crois qu'on perçoit bien que mon passage retardé dans cette classe et mon "éveil" ne m'ont pas permis de bien profiter de l'enseignement peut être trop lent ou trop traditionnel de la maîtresse (n'oublions pas que mes parents dispensaient un enseignement inspiré de "L'école libératrice".) Cependant, je pense qu'on peut supprimer le "quant à ma maîtresse, elle ne me plaisait pas non plus" et plus encore si vous jugez que cela pourrait froisser Mme Rouillé.
Le passage sur Mlle Lecorguillé manque un peu d'humour....mais il montre bien à quel point, nous, les enseignants pouvons avoir des réactions d'agacement qui marquent fortement les enfants...
Tout ceci me laisse à penser que dans une vie d'enfant, les souvenirs scolaires qui marquent sont souvent les difficultés, les réprimandes, les punitions parce qu'elles sont l'apprentissage de la loi et des règles sociales....Ces dernières ne deviennent acceptables que lorsque l'on réussit enfin...Etre enseignant, c'est ingrat surtout en début d'année scolaire et c'est tellement plus agréable après 2 ou 3 mois quand la loi est bien intégrée et la confiance réciproque installée.
Alors après tout, il faut avoir de mauvais souvenirs...C'est le signe d'une évolution... »


1961-1962 Claudine Elise (née Hérisson)

J’étais en grande section dans la classe de Mme Coignard. Je me souviens d’un spectacle de fin d’année où j’étais sur scène, très intimidée. Mon pire souvenir c’est le jour où j’ai cassé mon coq en plâtre qui se trouvait en équilibre sur le porte-Manteau du couloir !
En maternelle j’ai appris à coudre, à lire et à écrire…ce qui m’a permis d’entrer directement en CE1…
Dans la cour on faisait des jeux de comptines comme « Entre les deux mon cœur balance » et « Enfilons l’aiguille, l’aiguille, enfilons l’aiguille à coton »…


1965 à 1968 Claudine Paque
Je me souviens de l¹odeur âcre du vieux poêle Godin au fond de la classe et de son tuyau qui passait au-dessus de ma tête le long du plafond.

Je me souviens que nous écrivions avec un porte-plume que nous trempions dans un encrier en porcelaine inséré dans la table sur le côté droit : Les gauchers n'avaient pas encore droit de cité. Le côté gauche de mon majeur était tout le temps teinté de violet.

Je me souviens de l¹escalier en colimaçon, en pierre, pour monter aux classes du 1er étage.

Je me souviens des panneaux qui s¹accrochaient au tableau pour nous présenter des cartes de géographie, la circulation du sang ou illustrer la leçon de morale.

Je me souviens que la maîtresse de CE2 mettait la radio pour une émission qui nous diffusait une leçon de musique.

Je me souviens d¹avoir vu « Bambi » en fin d’année dans la classe de Mademoiselle Lecorguillé qui était en bas avec une entrée particulière sur le côté de l¹école.

Je me souviens de l’estrade en bois : y monter, c’était entrer dans l’espace réservé de la maîtresse.
1966-1971 Pascale Le Faou.
« J'étais à l'école de la Garaye de 1966 à1971, j'ai fait une année de maternelle et cours préparatoire jusqu'au cm2. Voici donc les noms de mes institutrices :
En
maternelle, Mme Treize(directrice), Cp Mme Auffret, Ce1 Mme Yvergneaux; Ce2 Mme Paque; Cm1 Mme Escamilla; Cm2 Mlle Lecorguillé(directrice).
I
l y avait juste le préau dans la cours, un poêle dans les classes, on écrivait au porte-plume sur un pupitre en bois avec un encrier, à chaque vacances nous devions apporter de la cire et des chiffons pour nettoyer notre table. nous avions des blouses.
J
e me rappelle qu'il y avait dans la cours une trappe pour aller chercher le charbon et les maîtresses s'installaient dessus le temps de la récréation pour nous surveiller.
A la maternelle je me rappelle avoir fait un seul spectacle pour noël, il faut dire que j'avais été très malade durant toute l'année.

Nous faisions une sortie scolaire à la fin de l'année, celle qui me reste en mémoire est celle de la visite des châteaux de la Loire en cm2, vraiment magnifique ! »



1971-1972. Christelle Tabary
J'ai effectivement été à l'école maternelle de La Garaye lorsque j'avais 2 1/2 ans entre 1971 et 1972, j'étais petite et je n'y suis pas restée très longtemps puisque je suis allée ensuite à "La Bretonnière" mais j'en ai conservé un grand attachement et des souvenirs impérissables ou plutôt des images d'enfants, par exemple : une grande salle avec du parquet, un poêle dans la pièce (il a sûrement dû disparaître depuis) et ... un poster au dessus de la porte avec un "singe qui suçait son pouce", je l'ai peut-être rêvé, ou bien imaginé ou bien c'était réel ?? à voir, j'ai quelques autres flash de cette école où ma mère m'avait inscrite pour tester si ça me plaisait et oui, je n'ai pas voulu repartir avec elle.

Corinne LEPORT (RECORDA)
L'école de la Garaye a marqué mon enfance, c'est normal c'était mon école et j'ai du mal à passer devant maintenant car elle a tellement changé. J'ai des souvenirs bons et mauvais bien sûr. J'ai un grand souvenir de madame Paque et aujourd'hui encore j'applique des consignes qu'elle m'a appris. Par exemple, en travaux manuel, elle m'a appris à coudre et à chaque fois que je tiens une aiguille dans la main elle revient à mon esprit. d'ailleurs j'aimerais avoir de ses nouvelles. Et puis dans les mauvais souvenirs, je me rappelle, à la cantine être un petit démon et la dame de cantine me tapait sur les doigts, je devais mettre les mains à plat sur la table et avec sa règle elle me tapait sur le jointures, j'en arrivais à ne plus pouvoir plier les doigts, bien sûr je ne disais rien à personne car je savais que je faisais la fofolle au moment du repas… Jusqu'au moment où ma mère s’est aperçue du manège et est venu voir monsieur Le Camus… De ce jour là je n'ai plus été maltraitée à la cantine mais je devais faire la vaisselle. Comme j'arrivais en retard en classe du fait de ma tâche j'étais punie par le maître et ça m'a vite calmé, comme quoi la violence n'a jamais rien réglé.


Helyette Martine Cabanel
J'ai effectué toute ma scolarité à la Garaye, d'ailleurs j'habitais juste en face, au n°26.
J'ai gardé un très bon souvenir de ma scolarité à part deux choses:
- la classe de Mme Fouyer qui se trouvait au sous-sol avec sa remise à charbon et l'on passait nos récréations à remplir ce foutu poêle qui ne chauffait pas cette immense et lugubre salle; mais heureusement l'institutrice était super gentille avec ses élèves même si elle inspectait nos mains avant de nous laisser entrer dans ce trou à rats.

1 commentaire:

gomard a dit…

je m'appelle brigitte gomard :nom martin et ma soeur dominique.je suis sur deux photos ,la 10 et la 11.assise 3éme rang ,avec les cheveux crépés.j'habite rennes,mariée,3 enfants.mon métier pendant 38ans aide soignante.je viens d'etre en retraite..mon téléphonne:0624905917